Gabriel Robichaud · Raph Dely
Cher Gérald

Dossier : Au rendez-vous des vivant·es (2025)

Texte de Gabriel Robichaud. Œuvre numérique de Raph Dely.

Cher Gérald

Par Gabriel Robichaud

Cher Gérald,

C’est étrange de sentir qu’on est l’ami d’une personne qu’on n’a jamais connue. D’écrire une lettre qui ne sera jamais lue à quelqu’un qu’on n’aura jamais pu saluer en vrai. Comme si, au-delà de la mort et des aléas de la vie, ce serait impensable que cette correspondance n’ait pas eu lieu. Que nos vies, nos destins, nos chemins, se seraient liés et auraient imposé la chose. De t’écrire aujourd’hui avec pratiquement l’impression qu’on s’est connus, réellement, à force d’entendre et de réentendre les versions et les points de vue (souvent multiples, parfois même contradictoires) sur une même anecdote avec toi en son cœur.

Et pourtant, Gérald, quoi faire de plus significatif pour te parler que de t’écrire, avec espoir d’entendre en vrai ce rire si marqué dont j’aurais aimé connaître le timbre au-delà du souvenir des vidéos et des cassettes.

Il y a sans doute sous-jacent à cette démarche une forme de colère devant ce qui n’a pas pu arriver. Une colère qui me rappelle celle que j’avais contre mes parents de ne pas me rendre avec eux au Colisée de Moncton le 21 août 1994 pour écouter ce qui devait être le dernier concert de 1755. Et d’avoir manqué la chance de t’entendre prononcer ton poème pour présenter le groupe. De ne pas comprendre qu’à 4 ans et demi on ne puisse pas être assez vieux pour ça.

La colère de constater ton omniprésence dans un inconscient collectif qui s’est immiscé malgré toi et malgré moi dans nombre d’éléments qui ont marqué la personne que je suis devenue tout au long de ma vie. Et dont je ne pourrai jamais discuter avec toi.

À commencer par les chansons chantées à répétition durant l’enfance sans savoir qui était l’homme derrière les paroles. Sans réaliser qu’un homme qui aimait les hommes avait écrit des chansons d’amour dans une langue délibérément épicène de sorte que, sans que ce soit politique, ces chansons incarnent la vérité pure et simple que le sentiment amoureux n’a pas d’orientation. Et apprécier d’autant plus la finesse et la subtilité de l’œuvre.

Ou encore la honte, à 15 ans, quelques semaines après ta mort, lorsqu’on me pose des questions sur toi lors d’un examen oral provincial, de constater qu’à part savoir que tu es poète, parolier et une figure publique, j’en sais au fond très peu. Ce moment sans doute comme le début de ma révolte contre l’ignorance enseignée dans notre système, contre les trous béants de l’histoire de notre culture dans nos cursus scolaires, comme si la légitimité était forcément ailleurs. Et constater, via des entrevues, que c’est un combat que t’as porté à peu près toute ta vie. Comme quoi « Le monde a bien changé1Chanson sur l’album 1755 et poème dans le recueil L’Extrême Frontière. Prise de parole. », mais pas tant que ça.

C’est la lecture et la relecture et la re-relecture de Moncton Mantra, qui me rend nostalgique d’une époque que je n’ai pas connue, qui me donne faim et soif de cette ville [qui] est une invention de nous2Extrait de « Soutra de Moncton » du recueil Éloge du chiac. Éditions Perce-Neige.
. Qui donne envie de chercher à participer à cette transformation que tu nommes si bien, toi qui a fait de l’invention de cette ville comme incubateur culturel acadien, comme centre ou pôle créatif incontournable, un cheval de bataille toute ton existence durant.

C’est aussi, par la force des choses, se sentir orphelin d’une filiation qui n’a jamais eu lieu, à force d’entendre « Gérald aurait dit ceci », « Gérald aurait pensé ça », « Gérald aurait fait ceci », « si Gérald avait été là ». De constater la figure paternelle (sur le party) et rassembleuse que tu as été pour tellement de gens autour de moi. Le centre gravitationnel qui gardait intacte une constellation de personnes autour d’une culture acadienne multidisciplinaire, contemporaine, moderne, actuelle et urbaine. 

C’est finalement se sentir l’héritier, par la force des choses, de quelque chose qui nous dépasse, mais dans laquelle ton inscription est encore si vivante, si vibrante, qu’on s’y sent intrinsèquement liée. Il est pratiquement impensable de s’intéresser à la culture acadienne actuelle sans constater encore aujourd’hui l’effet de ton implication dans ce milieu, ton influence palpable sur son émancipation et les conséquences encore perceptibles de ton départ prématuré à 59 ans.

Quand je pense à toi, Gérald, je m’imagine arriver à une terrasse dans un café où tu « tiens salon » et m’asseoir pour t’écouter discourir sur tel ou tel enjeu social, telle ou telle œuvre d’ici ou d’ailleurs, entendue, lue, vue, critiquée. Je m’imagine m’obstiner ou m’enthousiasmer sur un sujet de discussion qui mène à un autre puis à un autre puis à un autre jusqu’à ce que le temps disparaisse ou devienne flou. 

Je revois ma vingtaine et ma période universitaire et la parsème d’espoirs de te retrouver assis à prendre un verre dans un bar au campus, prêt à converser ou à débattre avec un jeune fringant dont l’horizon s’émancipe à travers une poignée de lectures et de dissertations pour lui donner l’illusion de commencer à tout savoir. Je te vois assis dans une soirée de poésie ou une manifestation artistique quelconque, dans une soirée arrosée qui change le monde, dans un appartement ou une maison victorienne, jusqu’aux heures où l’on n’est plus capables de ne pas aller se coucher.

Je me vois être l’oreille d’un récit maintes fois raconté et romancé d’anecdotes à n’en plus finir sur la création des institutions des années 70, la peur de les perdre dans les années 80, la résurgence dans les années 90, et tout ce qui en découle depuis les années 2000. Je me dis que j’aurais sans doute écouté du jazz un peu plus tôt, eu plus jeune dans les mains une pléthore d’œuvres d’auteur.ice.s d’ici et d’ailleurs à découvrir. Portrait flou nostalgique d’une vie qui n’aura jamais eu lieu, comme tous ces instants volés quand la mort s’empare d’une existence avant qu’on ait l’impression que celle-ci se soit achevée.

Après, malgré tout le fantasme entourant un lien qui n’existera jamais, il y a des éléments tangibles et bien réels qui découlent de ton existence avec un impact concret sur ma vie. 

Il y a ce soir du 18 mars 20093Libérés sur Parole https://www.youtube.com/watch?v=12bSR50026A&ab_channel=ANCRAGES au Caveau sur la Main à Moncton, où je lis pour la première fois mes poèmes devant un public, feuilles qui shakent dans mes mains tremblantes à l’appui. Ce soir qui change ma vie, quand suite à ma performance Jean-Paul Daoust4https://www.youtube.com/watch?v=OtOmW1iBg6E&t=60s&ab_channel=ANCRAGES et Éric Cormier viennent me voir en me disant de continuer d’écrire, d’envoyer mes textes aux Éditions Perce-Neige, cette maison que tu as contribué à fonder et dirigé pendant nombre d’années jusqu’à ce que la maladie t’emporte. Jean-Paul qui est chez Éric parce que tu les as présentés, Jean-Paul avec qui vous vous appeliez grand frère et petit frère et qui aura tant de mots à dire sur la suite des choses. Jean-Paul qui est à Moncton à ce moment-là en résidence pour te rendre hommage. Et qui trouvera les mots pour la décrire qui me rendront éternellement jaloux et qui t’auraient sans doute autant amusé que plu : Moncton is a country bitch with style5Extrait de Carnets de Moncton. Éditions Perce-Neige. Des mots qui se retrouveront sur un t-shirt, premier cadeau que la femme de ma vie m’aura offert et que je porterai un jour devant des enfants que tu ne connaitras jamais.

Il y a aussi ces deux soirées hommage au Kacho à feu le bar l’Osmose à l’Université de Moncton en 2009 et en 2010 où ton aura flottera partout, tant dans les lectures de tes textes que ceux des autres, qu’une des rares apparitions de Guy Arsenault qui y lira des extraits d’Acadie Rock accompagné de sa fille Maryse, que d’apparitions de Jean-Paul Daoust en lunettes de soleil et en paillettes que d’une animation de Paul Bossé, un set de DJ Bones, dans une tentative de recréer, de toucher à cet espace figé dans le temps où tout semblait si vivant, si vibrant.

Et il y a cette soirée avec Marie-Jo Thério en 2011 au Festival Frye, où je suis poète flyé la même semaine où je lance mon premier recueil de poésie, où tu es partout et nulle part dans cette ville où on déambule jusqu’à pas d’heures comme si tout le monde pouvait toujours avoir 20 ans et une inconscience du temps qui passe. 

Et puis il y a l’animation dans la salle Empress du Théâtre Capitol lors de cette première soirée poésie qui porte ton nom au Festival Acadie Rock en 2012, une plongée dans ton œuvre afin de présenter tous ces noms qui passent de la légende à l’humain à qui on serre la main à la légende encore qui défilent un à un sur scène.

Et il y a le lancement d’Éloge du chiac dans la collection « Mémoire » des Éditions Perce-Neige en 2015 au 3e étage du Centre culturel Aberdeen, où on est une dizaine sur scène qui ne t’ont jamais connu à pourtant lire et porter tes mots comme une prière américaine6« Moncton est une prière américaine » est une citation tirée du recueil L’Extrême Frontière. Prise de parole, un 16 août, fête du lendemain de veille national acadien, devant une salle sinon comble à tout le moins comblée de revoir vivre cette parole sur scène.

Et il y a ce message envoyé à Roland Gauvin de 1755 au début de la décennie 2010, entre l’audace et la candeur, tout fébrile, qui évoque le fantasme de scène d’un jour pouvoir présenter le groupe avec tes mots inscrits sur la pochette de l’album de 1977 que tu récites en 199471755 live au Colisée de Moncton : https://www.youtube.com/watch?v=ndN-kcVhEys&list=RDndN-kcVhEys&start_radio=1&ab_channel=MatzChase
, que j’entends sur le CD des retrouvailles usé jusqu’à ce qu’il skippe, que j’écoute sur le VHS avec mes frères jusqu’à connaître chacune des interventions entre les chansons par cœur. Ce message comme une bouée à la mer, comme une envie de pouvoir à la fois recréer le moment et s’assurer que cette parole-là vive. Qu’elle ne se perde pas dans le temps. Qu’elle perdure au-delà de la mort, au-delà de l’incapacité de dire. Et qui s’incarnera devant 15 000 personnes un soir sur le bord de la rivière Petitcodiac à Moncton, devant la plus grande foule rassemblée par le festival à l’époque, alors qu’on me permettra de dire tes mots pour présenter 1755 sur scène. Et ça se reproduira encore, dans un spectacle avec le groupe et l’orchestre des jeunes en février 2020 avant que tout le monde ne soit forcé de devenir waiter dans un abri nucléaire8Extrait de « Géographie de la nuit rouge » dans Géomancie. Éditions l’Interligne.. Et qui se reproduira en octobre 2025 sur les planches du Théâtre Capitol alors que le groupe offrira un dernier adieu à ses fans dans cette ville où aucun groupe acadien avant eux n’aura rempli 5 fois de suite la salle du Théâtre.

Il y a aussi la soirée De jouer dans la langue et d’en rire à Bouctouche avec Rose, Dyane, Jean-Clovis, Marc et Christine dont on m’a confié la direction, qui aura lieu en même temps que la soirée hommage de Marie-Jo à Dieppe, comme pour te faire revivre à plus d’une place en même temps.

Il y a toutes ces fois où je suis loin de chez nous et où j’écoute Les matins habitables9Marie-Jo Thério Les matins habitables https://www.youtube.com/watch?v=tdChGTlvBA0&list=RDtdChGTlvBA0&start_radio=1&pp=ygUmbGVzIG1hdGlucyBoYWJpdGFibGVzIG1hcmllLWpvIHRow6lyaW-gBwE%3D
de Marie-Jo dont t’as écrit les paroles pour mieux m’ennuyer ou me consoler de l’ennui. Où je me répète le « Pis des fois je m’ennuie de toi10Gérald Leblanc qui lit Rue Dufferin https://www.youtube.com/watch?v=v33G7d4mA4Q&pp=ygUUcnVlIGR1ZmZlcmluIGfDqXJhbGQ%3D » de ton Rue Dufferin comme un mantra avec espoir d’aller mieux. Ou de retrouver l’espace d’un instant ces paysages où y a beaucoup d’arbres même si les rues sont sales11Rue Dufferin interprété par 1755 https://www.youtube.com/watch?v=hvDdB1xBC5M&list=RDhvDdB1xBC5M&start_radio=1&pp=ygUMcnVlIGR1ZmZlcmluoAcB
.

Puis il y a ce moment au Lion d’Or à Montréal dans le cadre du FIL en 2015, où je me retrouve, à 25 ans, 10 ans après avoir avoué ne pas savoir qui tu es en 2005, à vivre un des tracs les plus intenses de ma vie en ouvrant L’Acadie n’est pas une carte postale, une soirée hommage où je me trouve bien petit parmi les pointures que j’admire autour de moi, à lire en ouverture le Manifeste diasporeux que j’ai co-écrit avec Jean-Philippe Raiche l’année d’avant, ce même Jean-Philippe à qui tu dédies Les matins habitables. Ce Lion d’Or où tu as enregistré avec Les Païens une lecture de « Mouvance » que j’ai écoutée jusqu’à la savoir par cœur12Mouvance de Chris Leblanc. Texte disponible dans le recueil Géomancie. Éditions l’Interligne. https://www.youtube.com/watch?v=ZvJXlDl44oA&t=41s&ab_channel=ChrisLeBlanc, jusqu’à avoir peur d’user la cassette de la vidéo en ligne, même si ça ne se peut pas, du film qu’en a fait Chris LeBlanc. 

Ce titre qui revient cette année dans le cadre de ce dossier web où je me sers de cette carte blanche pour tenter dans une lettre une espèce de bilan de ce nous deux qui n’existe pas. De cette impression de père poète absent et pourtant si présent dans l’intangible, de cette errance mnémonique où j’entends le bruissement de nos mots13Extrait de « Mouvance ». Géomancie. Éditions l’Interligne qui n’ont pas eu lieu, de ma bibliothèque où ta bibliographie complète trouve sa place de choix, de ma collection de disques où il m’arrive d’acheter un vinyle simplement parce que sa trace se trouve dans un poème ou un passage de Moncton Mantra que j’ai aimé, juste pour voir ce que ça fait de lire tes mots avec Pat Metheny, Beat de King Crimson, Communiqué de Dire Straits, avec le cd d’Idée du Nord, avec la musique de Zéro Degrés Celsius, la trompette de Miles Davis, la voix incantatoire de Jim Morrison, la force fragile de Billie Holiday ou la puissance qui emporte de Nina Simone et de tellement tellement d’autres.

Et je ne sais si cette lettre a une fin véritable. Puisque l’histoire continue de s’écrire. Et malgré le temps qui passe, malgré la distance avec la date de la mort, il reste une envie de s’accrocher à cette vie qui a eu lieu, qu’elle continue de vivre et de se transmettre via l’œuvre, les anecdotes et le reste, à la fois pour qu’on sache mais aussi pour que ça continue au-delà des limites du temps. Pour qu’au-delà de toi, au-delà du nous qui te suivons, et des nous qui suivrons à ce nous, on se souvienne de l’urgence d’être de ceux qui disent J’écris toujours au présent14Extrait de « Dépêche du front ». Complaintes du continent. Éditions Perce-Neige.

Je t’embrasse,

Gabriel

P.S. Plus jeune j’ai tenté ce court poème. Je te le laisse là. Au cas où. Je ne l’ai pas montré à grand monde. Sans doute parce que je le trouve un peu naïf. Mais ça fait du bien, quelques fois, de laisser exister des traces de sa naïveté.

Je m’appelle Gérald Leblanc
J’habite Moncton
J’écris
Et le reste
Est dans mes livres

— Échos d’une cassette

Gérald

J’avais 5 fois 3 ans
Quand Gérald est mort
En 10e année
Dans les corridors
De Mathieu-Martin
Aux bibliothèques
Sans poèmes

Je te connaissais de vue
En musique
Je te savais poète
Sans te lire
À t’entendre
Te voir
À l’écran
En CD
En cassette
En chanson

Par ta voix
Celle des autres
J’ai su
J’ai appris
Je sais
Que je suis
Encore aujourd’hui
Un fils
Que tu n’auras jamais connu

À qui tu as laissé
Le testament d’une mémoire
Plus loin que les mots
Plus grand que la ville
Aux cathédrales dénudées
Aux rues sales devenues monument
Aux coins sombres bordés de lumières
Aux noms morts vivant d’un souvenir
Un souvenir
Qui s’accroche
S’enracine
S’éternise

Je t’ai trouvé retrouvé
Au fil des rencontres
Entre les histoires les mots justes
Les promesses les mots doux

Et j’espère encore te croiser pour te dire

À mes yeux
Gérald
Tu vis

Œuvres citées
  • Daoust, Jean-Paul. Carnets de Moncton. Scènes de la vie ordinaire. Perce-neige, 2010.
  • Leblanc, Chris. Mouvance de Gérald Leblanc. 2004.
  • Leblanc, Gérald. L’Extrême frontière, Prise de parole, 1988.
  • Leblanc, Gérald. Éloge du chiac, Perce-neige, collection « Mémoire », 2015 [1995].
  • Leblanc, Gérald. Complaintes du continent, Perce-neige, 2014 [1993].
  • Leblanc, Gérald. Géomancie, Éditions l’Interligne, 2003.
  • Thério, Marie-Jo. Les matins habitables. 2005.

Notes
Pour citer cet article:
Robichaud, Gabriel et Raph Dely. « Cher Gérald ». Discours/e : Catalogue numérique des littératures et cultures de l’Atlantique, 19/09/2025. https://discours-e.ca/fr/2025/09/19/cher-gerald/, consulté le 09/05/2026.

Gabriel Robichaud

Gabriel Robichaud est un artiste multidisciplinaire de Moncton qui a amorcé son parcours professionnel artistique en 2007. Fort d’un parcours académique en art dramatique à l’Université de Moncton, sa pratique multidisciplinaire le mène à toucher à la fois à la scène, à l’écriture et la mise en scène. Son choix d’ajouter une dimension politique à sa pratique, jumelé à des prises de positions sur la place publique, l’amène aussi à traiter de divers sujets concernant, les arts, la culture et la langue, particulièrement dans les médias.

Gabriel Robichaud
Crédit photo : Annie France Noël

Gérald Leblanc

Gérald Leblanc (1955-2005) est un poète acadien né à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick. Figure marquante de la littérature acadienne contemporaine, il a été un auteur prolifique, publiant de nombreux recueils de poésie, romans et textes critiques. Ses écrits, souvent marqués par l’urbanité, la culture populaire et un fort désir d’émancipation identitaire, ont contribué à moderniser la voix poétique acadienne.

Installé longtemps à Moncton, il a participé activement à l’effervescence culturelle de la ville aux côtés d’autres artistes et écrivain·es, notamment autour de la maison d’édition Perce-Neige et du collectif Les Éditions d’Acadie.

Gérald Leblanc
Crédit photo : Herménégilde Chiasson

Raph Dely

Raph Dely (iel) est artiste multidisciplinaire. Sa pratique va de la conception de jeux expérimentaux et de films immersif à l’art conceptuel, la performance et au théâtre. Son élan artistique naît de son obsession pour la mise en scène et l’interactivité, en orientant son travail vers l’expérience vécue par le public. Son travail artistique lui a valu une présélection pour le Lumen Art Prize au Royaume-Uni. Iel a, entre autres, a créé un jeu vidéo sur une fausse couche qui a été salué comme l’un des meilleurs jeux obscurs de 2020 par Kotaku. Dely a également cofondé le Collectif LABORARE avec Marine Theunissen et voyagé à travers l’Europe pendant six mois dans le cadre de résidences artistiques pour réaliser des sérigraphies et une recherche-création chorégraphique sur la montée du niveaux des océans. Iel s’implique dans les arts vivants depuis 2021, réalisant la conception vidéo, la scénographie, l’écriture ou même la conception interactive d’une douzaine de spectacles.

Raph Dely
Crédit photo : Marine Theunissen
Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Festival Frye
LABORARE
Éditions Perce-Neige
Éditions Prise de parole